Me Louise Aubret-Lebas, avocate au barreau de Vannes, revient sur le procès Joël Le Scouarnec, un an après le verdict.
En préambule : Six mois sans sortir la tête de l’eau. Me Louise Aubret-Lebas garde un souvenir intense de ce procès, terminé le 28 mai 2025 avec le verdict de la cour criminelle du Morbihan. Ce jour-là, Joël Le Scouarnec a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour avoir violé et agressé sexuellement plus de 300 jeunes patients. Un an après, alors que la tâche se poursuit pour les intérêts civils, elle dresse un bilan. Elle était déléguée à l’organisation avec deux autres avocates, afin de « fluidifier les échanges entre les avocats et la cour ».
Un an après l’énoncé du verdict qui a condamné Joël Le Scouarnec à 20 ans de réclusion criminelle, que retenez-vous de ce procès ?
“Avec le recul, je dirais que le premier fait marquant de ce procès est la reconnaissance des faits au bout de trois semaines d’audience. Ce fut un énorme soulagement pour les parties civiles. Cela a clairement marqué un tournant. Il y a eu également le temps accordé aux victimes. Nous avons eu quasiment deux mois. Ce procès était tourné vers les victimes. Elles ont pu être entendues, même celles qui étaient prescrites. Il y a eu de l’écoute et de la bienveillance de la part de la cour. Mes clients ont enfin pu dire ce qu’ils avaient vécu. J’ai également constaté une solidarité entre des victimes directes et indirectes qui ont pu échanger et se soutenir”.
Comment avez-vous vécu cette période ?
“Professionnellement, ce fut la période la plus intense de ma vie sur un temps long comme celui-là. Dès décembre, nous étions dans l’organisation. Ce fut très intense et j’en retiens d’excellentes relations avec la cour et les avocats de la défense, Me Maxime Tessier et Me Thibaut Kurzawa, qui ont tout fait pour que ce procès se passe bien. C’était fatigant, mais je suis fière d’y avoir participé”.
L’indemnisation des victimes est toujours en cours, désormais avec le Fonds de Garantie des Victimes d’Infractions.






